Conférence publique sur les addictions chez les adolescents le 29/11

Je suis intervenu hier soir à La Réole dans une conférence publique organisée par la mission locale Sud-Gironde sur le thème : « Mon ado boit, fume, que comprendre, que faire ? »

Ce sujet est en lien direct avec le rapport que j’ai remis en janvier dernier sur l’application d’une procédure d’amende forfaitaire au délit d’usage illicite de stupéfiants, et dans la poursuite de mes travaux parlementaires sur les addictions et la justice des mineurs.

Le professeur Marc AURIACOMBE, psychiatre et chef de pôle Addictologie au centre hospitalier Charles PERRENS, participait également à la conférence, et Pierre LAROCHE, animateur du CISPD (Centre intercommunal de sécurité et de prévention de la délinquance) CDC Confluence Garonne, l’animait.

J’ai pour ma part rappelé l’interdit social de la consommation des stupéfiants. Dans un contexte de dépénalisation de fait (les interpellations ne sont actuellement pas suivies de sanction), et donc de banalisation de la consommation de produits illicites, les adolescents sont exposés au risque et à la tentation de consommer de plus en plus tôt, et de subir les dommages sanitaires et sociaux de ces consommations.

Ce que je propose avec l’amende forfaitaire pour usage illicite de stupéfiants, c’est une réponse systématique, immédiate et égale sur tout le territoire français, qui dégage les forces de l’ordre d’heures de procédure inefficaces et leur permette de se concentrer sur le trafic, qui est la vraie source du problème.

L’amende forfaitaire ne concerne pas les mineurs. Cependant, le produit des recettes de l’amende financera la prévention des conduites addictives auprès des jeunes. Je fais moi-même de la prévention en intervenant dans les lycées. Et je suis engagé sur ce sujet dans la réforme de l’ordonnance de 1945.

Nous ne sommes pas tous égaux face aux addictions, mais pour en éviter les pièges, le Pr AURIACOMBE propose des pistes d’action : faire en sorte que la consommation d’alcool, de tabac, de drogues arrive le plus tard possible dans la vie de son enfant. Quand la consommation est effective, fournir un « mode d’emploi » (toutes les informations concernant les effets de la consommation, les risques, les comportements à adopter) à son enfant. Maintenir la communication, quoi qu’il arrive. Ne pas rester seul et l’accompagner dans ses difficultés, notamment en faisant appel à un addictologue professionnel au moindre doute. Les prises en charge thérapeutiques en addictologie sont efficaces : 80 à 85% des thérapies fonctionnent.

Et surtout, dès le plus jeune âge, et tout au long de son parcours de vie, offrir une éducation à la gratification à son enfant, lui créer un panel de sources de plaisir en l’initiant à l’art, à la culture, aux activités sportives et associatives… car un être sensibilisé aux beautés du monde et ancré dans le réel sera moins tenté par les paradis artificiels.

Je remercie Patrick SEQUIER, directeur de la mission locale Sud-Gironde, de l’initiative et de l’organisation de cette soirée, et le Pr AURIACOMBE des clés qu’il a fournies à des parents inquiets, parfois désemparés face au comportement de leurs adolescents.