Journée d’étude sur les mineurs radicalisés le 4 octobre à Cenon

Jeudi 4 octobre avait lieu la journée d’étude « Transmission et affiliation dans les parcours biographiques de mineurs radicalisés » organisée par la Direction territoriale de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (DPJJ) Aquitaine-Nord à la salle Simone SIGNORET de Cenon.

L’objectif de cette journée était notamment d’étudier le parcours de jeunes radicalisés pour aider à comprendre ce qui a pu les amener à adhérer à une idéologie radicale.

En tant que co-rapporteur d’une mission d’information parlementaire sur la radicalisation dans les services publics, j’ai participé à cette journée pour alimenter mon travail préparatoire à cette mission qui durera six mois. Je me donne pour objectif d’appréhender le phénomène de radicalisation tant à l’intérieur des services publics (perception et réalité) qu’envers les services publics (rapport radicalisé/institution). Plus largement, je souhaite que la mission pose un regard sur le rapport entre symboles de la République et religieux.

Fabien CARRIE, docteur en sciences politiques et enseignant en sociologie à l’université Paris Nanterre, a présenté à cette occasion le rapport de recherche qu’il a co-réalisé avec Laurent BONELLI : « Radicalité engagée, radicalités révoltées ». Cette enquête, qui a duré 18 mois, a permis aux deux chercheurs de suivre 133 jeunes poursuivis dans des affaires de terrorisme, pour apologie du terrorisme ou signalés pour des comportements ou des propos radicaux. Cette démarche a été complétée par des entretiens avec les professionnels qui ont suivi ces jeunes, et la consultation de dossiers réalisés par un groupe de travail rassemblant des magistrats antiterroristes, de la jeunesse, des éducateurs et des chercheurs.

MM. BONELLI et CARRIE ont procédé à une classification de la radicalisation par cause – relationnelle et contextuelle, et ont déterminé quatre catégories de radicalisation : apaisante, rebelle, agonistique et utopique. Les jeunes radicalisés ont des profils différents. Ils peuvent être issus de familles peu ou très protectrices, parfois dysfonctionnelles, avec des désordres internes, ou dans lesquelles la violence est présente, ou dont les parents immigrés et voulant l’intégration à tout prix, ont fait le choix de ne pas transmettre leur langue et leur culture d’origine à leurs enfants… Un projet parental fort, axé sur l’ascension sociale par la réussite scolaire et l’imposition d’un style de vie quasi monastique explique aussi certaines radicalisations.

Ces jeunes, qui se retrouvent isolés pour toutes ces raisons, finissent par se reconnaître mutuellement et créer de petites communautés. Ne reste plus qu’à des jeunes plus âgés, dits « passeurs de sens », de croiser leur chemin et de leur tenir des propos politisant leur parcours… et c’est le début de la radicalisation.

Le résultat de cette étude fait l’objet d’un ouvrage, « La fabrique de la radicalité – une sociologie des jeunes djihadistes français » aux éditions du Seuil.

 

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